Frédéric Haziza , suite a une plainte d'agression sexuelle est suspendu de LCP

Après une plainte contre le journaliste Frédéric Haziza pour agression sexuelle, la patronne de LCP Marie-Ève Malouines, a annoncé dans un premier temps qu'elle souhaitait le maintenir à l'antenne.

En fin de journée le journaliste a finalement été suspendu de LCP. Une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet de Paris.

Dans une enquête publiée mardi 21 novembre,  la révélation qu'une journaliste de La Chaîne parlementaire, Astrid de Villaines, a porté plainte contre Frédéric Haziza, également journaliste de la chaîne, pour une agression sexuelle qui se serait produite en 2014. D'autres de ses anciens ou actuels collègues, accusent le présentateur d'avoir les «mains baladeuses» et racontent des scènes qui se finissent en pelotage de seins ou de mollets.

Après cette plainte, la Société des journalistes (SDJ) de LCP a convoqué une réunion en urgence avec l'ensemble de la rédaction et la direction. Celle-ci s'est tenue le 21 novembre vers midi, comme le précise leur communiqué. D'après trois journalistes présents et qui ont souhaité garder l'anonymat, la présidente de la chaîne, Marie-Ève Malouines, a annoncé vouloir maintenir Frédéric Haziza à l'antenne. Mais quelques heures plus tard, mardi soir, LCP a finalement annoncé la suspension du présentateur.

«Je n'ai pas de raison de croire davantage Astrid que Frédéric»

En milieu de journée, lors de la réunion convoquée en urgence, «Marie-Ève Malouines a tenu les mêmes propos que dans certains articles du web, à savoir que la journaliste Astrid de Villaines avait vécu le geste de Haziza comme une agression sexuelle et que l'incident était clos puisqu'il avait été sanctionné», raconte une salariée interrogée. «On peut se demander si une main au fesses est un geste à connotation sexuelle (...) Je comprends la démarche d’Astrid mais cet incident est une affaire close», a également affirmé la patronne de LCP selon plusieurs journalistes présents. Une salariée de la chaîne à alors protesté avant que la présidente finisse par dire: «Oui, une main aux fesses constitue une agression sexuelle», racontent les journalistes.

Alors que la SDJ de la chaîne exigeait le retrait de l'antenne du journaliste, Marie-Ève Malouines a déclaré :

«On ne peut pas céder à la pression des réseaux sociaux et des médias (...) la plainte d'Astrid ne justifie pas un retrait de l'antenne de Frédéric Haziza (...) En termes d’image, suspendre son émission ou le suspendre lui, c’est une décision lourde de conséquences. Il faut la soupeser et l'évaluer. (...) Il y a deux versions. Je n'ai pas de raison de croire davantage Astrid que Frédéric.»

Et de conclure :

«Ne vous inquiétez pas, Frédéric Haziza ne viendra plus au 1er étage [celui des journalistes]. Il restera au 4e étage [celui de l'administration].»

Contactée , Marie-Ève Malouines avait nuancé : «Le bureau de Frédéric Haziza n'est pas situé au 1er étage. Je lui ai demandé de travailler à son bureau.» Elle assure que «évidemment oui» une main aux fesses est bien une agression sexuelle, malgré les témoignages concordants que nous avons relevé et qui disent le contraire.

Lors de cette réunion, des journalistes ont tenu à insister sur le fait que «tout le monde sait que Frédéric Haziza a eu des gestes déplacés réguliers». Ce à quoi la patronne de LCP à répondu : «Je me méfie beaucoup du "tout le monde sait"».

Dans un communiqué, la direction annonçait dans un premier temps «diligenter une enquête interne».